Des gens en cercle, on ne voit pas leur visage

Rencontrez Pascal Marcil

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Intervenant dans l'âme

Pascal Marcil a été travailleur de rue pendant près de 12 ans. Il a perdu la vue à 30 ans, mais a continué de pratiquer son métier d'intervenant.   Malheureusement, à cause de problèmes de santé chroniques, il a dû cesser de travailler il y a environ 4 ans.  Depuis, M. Marcil anime bénévolement 2 groupes d'entraide par session pour la Fondation INCA Québec (automne hiver et printemps).

Pour cet homme de 42 ans, pas question que sa perte de vision ou ses problèmes de santé l'arrêtent d'aider les autres.

Vivant lui-même avec une perte de vision, il a bénéficié dans le passé des groupes de soutien d'INCA Québec, de conseils technos et des livres sonores.  Il a voulu redonner au suivant.

 

La force du groupe

Chaque groupe d'entraide que Pascal anime est d'une durée de 8 semaines.  Les participants se rencontrent tous les mardis ou mercredis 1h00 au téléphone. Ils forment alors une petite famille, dans laquelle ils peuvent trouver du réconfort, s'entraider et échanger sur divers sujets sans jugement.

 « L'impact des groupes est très grand! Certaines personnes n'ont plus d'espoir et y participer rallume leur flamme. Le groupe est une force supplémentaire pour passer au travers », décrit celui qui en a lui-même bénéficié.

«Notre limitation visuelle est plus facile à accepter lorsqu'on parle avec d'autres personnes qui sont passées par les mêmes épreuves», confirme une participante du groupe de Pascal Marcil. En plus de réaliser qu'ils ne sont pas seuls, les expériences positives des autres leur donnent de l'espoir.  Ils s'encouragent entre eux. Ils en profitent aussi pour partager des astuces et des ressources pour faciliter leur quotidien et accroître leur autonomie.

Les groupes connectent des personnes aveugles ou ayant une vision partielle, de partout à travers la province, qui n'auraient probablement jamais fait connaissance autrement«Je sais que pour certains, cet appel est leur seul moment social de la semaine. Plusieurs se font d'ailleurs de nouveaux amis avec qui ils peuvent continuer d'échanger en dehors des séances », témoigne M. Marcil qui constate l'impact des groupes session après session.

«Le groupe m’a donné une motivation durant ma journée et m'a permis de  trouver des ressources, de valoriser la vie en trouvant des façons de palier à mon handicap», résume un autre participant.

 

Un animateur inspirant

Souvent les participants sont surpris de constater que Pascal Marcil s'occupe de groupes d'entraide et utilise un système de conférence téléphonique en étant aveugle.  Il ne se gêne pas pour leur rappeler que « ce n'est pas parce qu'on a un handicap qu'on ne peut pas se permettre d'avoir des tâches, des responsabilités et d'être utile. »

« Pascal est toujours prêt à aider, il est passionné par l'intervention et il apporte de bonnes idées pour améliorer le service offert à la clientèle.   Avec son expérience en tant qu'intervenant, il est capable d'apporter un support supplémentaire à ceux qui vivent des moments plus difficiles », affirme Najla Noori, responsable des services psychosociaux chez INCA Québec. « Les participants l'adorent ! Très populaires, plusieurs demandent de l'avoir comme animateur. »

Pascal est reconnu pour son sens de l'humour. Dans ses groupes, il laisse toujours un moment pour parler de sujets plus légers, autres que la perte de vision.  « Ils ont besoin de parler d'autre chose, d'avoir des discussions diverses comme tout le monde. Ça leur permet de se changer les idées », explique-t-il. Il se colle aussi souvent à l'actualité. Par exemple, la journée de la grosse tempête de neige, il les a amenés à raconter une anecdote cocasse ou difficile vécue en hiver. 

 

Toujours le geste de plus

En plus des groupes d'entraide durant l'année, le 25 décembre dernier, comme à chaque Noël depuis quelques années, M. Marcil a appelé des personnes aveugles qui sont plus isolées, pour leur permettre de passer un bon moment.

« La plupart sont seuls à Noël, je trouve important de le faire.  Le 24 ou le 25, que je reçoive à la maison ou que je sois dans ma belle-famille, je m'isole quelques heures dans une pièce pour animer ce groupe. Mes proches le savent, c'est rendu une tradition », dit celui pour qui être présent pour les autres va de soi.

Pascal s'est aussi proposé pour créer un groupe d'entraide thématique sur la lecture et de repartir un groupe qui avait été fort populaire dans le pass sur l'univers des parfums qui permettraient d'échanger sur des passions communes.

 

Bénéfice pour lui aussi

Il admet que c'est bon pour son estime, lorsqu'il voit le bien qu'il fait autour de lui et constate que les participants l'apprécient.  « J'apprends aussi beaucoup de leurs expériences», confie celui qui vit lui aussi des moments plus difficiles à l'occasion.

«Nous avons des échanges très enrichissants, les gens ont des bagages très variés. Tout le monde a quelque chose à apporter au groupe », conclu l'animateur.