James avec sa canne et Nathalia au bureau.

Témoignage de Nathalie Di Battista

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Pour Nathalia Di Battista, «il n'y a aucune limite à ce que peut accomplir une personne aveugle, c'est nous (les employeurs, les collègues, les personnes voyantes) qui leur mettons des limites », affirme-t-elle d'entrée de jeu.  

Celle qui a travaillé en gestion pendant plus de 20 ans encourage les employeurs à engager des personnes vivant avec une perte de vision sans hésitation.  « S'ils ne les engagent pas, ce sont eux les perdants ! »

Mme Di Battista a travaillé avec James Bergeron, aveugle complet, pendant plusieurs années et elle n'a jamais regrettée l'avoir engagé, au contraire, son départ à la retraite, il y a près d'un an, a créé un vide : « On s'ennuie encore de lui !  James était fantastique, il avait toujours une attitude positive, un bon sens de l'humour, il menait plusieurs projets à la fois et était un excellent professeur… Il était très inspirant. Je le réengagerais n'importe quand !» affirme celle qui dit avoir perdu un morceau important de l'équipe.

À ceux qui s'inquiéteraient d'une baisse de productivité causée par la perte de vision, Nathalia rejette l'idée du revers de la main : « Pas du tout ! C'est lui qui poussait les autres. » Elle ajoute d'ailleurs : « Les personnes qui vivent avec une perte de vision n'ont pas perdu leurs capacités mentales ou manuelles… La perte de vision de James ne diminue pas qui il est, ni son intelligence. Ça change seulement des petits détails dans sa méthode de travail à lui. »

James avait en effet son ordinateur adapté fourni par le centre de réadaptation.  « J'ai été surprise de voir que ça ne demandait pas tant d'adaptations, admet Mme Di Battista.  Il n'y a pas eu de gros changements dans le bureau, on faisait simplement attention pour ne rien laisser traîner et lorsque l'ascenseur ne fonctionnait pas par exemple, on mettait un collant pour avertir James… rien de compliqué ! Ça se faisait naturellement. Je dirais même que ça eut du bien pour l'équipe, la présence de James a beaucoup augmenté l'ouverture d'esprit de l'équipe. »

« Sa présence a aussi aidé Air Canada à s'améliorer côté accessibilité en développant et améliorant les outils et techniques de travail.  C'est bénéfique pour la clientèle », déclare Nathalia en faisant référence notamment aux écrans dans les avions et au transport des animaux auquel James a contribué.

« Il a apporté beaucoup et il m'a ouvert les yeux sur le fait qu'il n'y a pas de limite à ce que peux réaliser une personne vivant avec une perte de vision » affirme Nathalia qui est restée en contact avec James et continue de lui demander son opinion pour les décisions difficiles. 

Les plus grands obstacles pour les personnes aveugles dans un milieu de travail sont les préjugés. Comme James, Nathalia et Air Canada le prouvent, avec de simples adaptations et une entreprise ouverte d'esprit, ce n'est pas la cécité qui empêche ces personnes de travailler, mais les préjugés et présomptions sur ce qu'une personne ayant une perte de vision peut ou non réaliser. Ces personnes ont beaucoup a apporté à la société; comme Mme Di Battista, permettons-leur de le faire. ​